Comme certains le craignaient, Port-au-Prince se transforme peu à peu en un immense bidonville suite au séisme du 12 janvier dernier. Certains "bâtissent" plusieurs "pièces de maisons" avec "galerie", d’autres vont jusqu'à en proposer à affermer, à vendre ou à louer.Des Port-au-Princiens construisent des maisons en planches qu’ils peignent en y installant parfois de solides portes en fer forgé. Ils y placent même des fenêtres en vitre.
Que ce soit sur les places publiques comme le Champ de mars, la place St-Anne, la place St-Pierre, la place Boyer, dans des domaines privés comme la Henfrasa, le Parc Ste-Thérèse, le Palais de l’Art, dans des cours d’écoles comme celle de St-Louis de Gonzague, bref un peu partout s’érigent des maisonnettes, des masures, des bauges qui caractérisaient naguère des zones comme La Saline ou cité Soleil et qui transforment la capitale et ses environs en un immense bidonville.
Hébergeant les 1.2 million de sans-abris, selon les dernières estimations, jetés à la rue par le séisme, ces habitats précaires faits de tôle, de bois et d’autres matériaux de récupération ne semblent guère provisoires, en fait ils ont l’air construits pour durer longtemps.
Le gouvernement mettant du temps à relocaliser la population sinistrée, celle-ci se réorganise dans la plus totale anarchie, peut-on constater. Au départ, les sans-abris ont monté des tentes de fortune faites de toiles. Mais avec l’arrivée des pluies de février, celles-ci sont remplacées par de véritables « maisons » (déjà surnommées des « Kat kanpe » par la malice populaire) qui se multiplient et se renforcent chaque jour.
La population envahit, squatte et s'installe dans un provisoire qui risque de devenir définitif comme c’est souvent le cas en Haïti.


