Le premier ministre Charest ne projette pas d'aller en Haïti comme l'a fait récemment son homologue canadien, Stephen Harper, a indiqué mardi son porte-parole. Il n'assistera pas non plus à la conférence des pays donateurs sur la reconstruction d'Haïti, qui se déroulera au siège de l'ONU à New York à la fin mars.
L'absence du Québec, autant en Haïti qu'à l'événement organisé aux États-Unis, mécontente l'opposition péquiste, en raison des liens étroits qui unissent le Québec à Haïti et du fait que ce pays des Antilles fait partie de la Francophonie.
Le gouvernement du Québec a cependant demandé au ministre fédéral des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, de faire en sorte que la province soit tout de même représentée à la conférence de New York, qui réunira les responsables de la diplomatie de plusieurs pays.
« Le Québec sera présent au sein de la délégation canadienne », a soutenu la porte-parole du ministre Cannon. Selon des sources à Québec et Ottawa, tout indique que la participation québécoise se résumera à un fonctionnaire du ministère des Relations internationales, comme ce fut le cas lors de la conférence préparatoire tenue à Montréal le 25 janvier.
En entrevue, la porte-parole péquiste en matière internationale, Louise Beaudoin, a plaidé en faveur de l'application de la doctrine Gérin-Lajoie. Appliquée depuis 1965, cette doctrine stipule que la souveraineté qu'exerce le Québec dans ses champs de compétence s'étend sur la scène internationale.
« Qu'on aille devant les tribunaux! », a-t-elle lancé, rappelant qu'Ottawa n'avait jamais reconnu la doctrine Gérin-Lajoie. La députée de Rosemont a par ailleurs soutenu que M. Charest « n'a pas de permission à demander » à Ottawa s'il veut se rendre en Haïti. Elle a en outre dit souhaiter qu'une mission multilatérale de pays de la
Francophonie se rende sur place. Selon elle, le premier ministre Charest « fait souvent semblant que le Québec joue un rôle important » sur la scène internationale. Paradoxalement, l'opposition a critiqué récemment les trop nombreux voyages de Jean Charest à l'étranger.
Le premier ministre Stephen Harper s'est rendu en Haïti la semaine dernière, suivi peu après par le président de la France, Nicolas Sarkozy.
Québec attendra les suites de la conférence de New York avant de préciser la forme et l'ampleur de sa contribution. Lors de la visite du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, au Canada en janvier dernier, Jean Charest s'est engagé à participer à l'effort de reconstruction du pays. Outre une contribution financière, l'aide du Québec pourrait prendre diverses formes, comme des missions sur la gouvernance des institutions ou l'envoi de policiers.
C'est le ministère des Relations internationales qui pilotera le dossier de l'aide à la reconstruction d'Haïti.
Depuis le séisme, 2415 Québécois ont donné leur nom à Services Québec pour figurer sur la liste des bénévoles prêts à se rendre en Haïti pour aider à la reconstruction.


